1933 | Le prod du lac de Genval et le futur Bodega le Mar-ca-tchou Intérieur du Bodega le Mar-ca-tchou Chalet Normand (sur le territoire d’Overijse)
En 1970, la Fédération Touristique du Brabant fait l’éloge du Chalet Normand : Sur la rive Est, il offre le charme d’un cadre somptueux ordonné autour d’un grand feu ouvert et rehaussé de tableaux de maîtres et de boiseries, en chêne massif, artistiquement sculptées. Une terrasse fermée et chauffée en hiver sert de salon de dégustation1.
En 2016, le Chalet Normand ferme ses portes et réouvre en 2017, rebaptisé le ‘Chalet du Lac’, puis en 2022 ‘BLV Lake’ … qui fait faillite. Après de lourds travaux, le lieu change encore de peau et retrouve en octobre 2026 une nouvelle vie sous le nom ‘Gustave’ … faisant référence à Gustave-Mondez, l’homme d’affaires qui a fait creuser le lac2.
DEMULLANDER Jean, Le Lac de Genval, Fédération Touristique du Brabant, 1970↩︎
La DH, Au lac de Genval, le Chalet Normand retrouve une nouvelle vie: le trio de trentenaires à la tête de « Gustave » nous raconte, 25 octobre 2026 ↩︎
Sur la place de Bourgeois, les commerçants de la rue des Cailloux posent pour le photographe. A gauche, le magasin de cycles est dépositaire des marques Bury1 et Alcyon2. L’enseigne reprend l’identité d’Alcyon … un oiseau de mer3. A droite, la rue Saint-Roch mène au Quai du Tram.
Bury est une marque de vélos, fabriqués par ‘E. Koob & A. Bury, Saint-Hubert’ ↩︎
Alcyon est une marque de bicyclettes et de motocyclettes déposée en France en 1903 ↩︎
Oiseau mythique des légendes grecques, considéré comme oiseau d’heureux présage ↩︎
avant 1905 | Grand Hôtel des Familles, rue du Tilleul à Genval (coll. Philippe Godin)
1909 | Le potager du Grand Hôtel des Familles (coll. Anne-Marie Delvaux)
L’hôtel est agrandi, un troisième étage est ajouté. Sur la façade avant il est mentionné ‘Café, Garage, Restaurant, Tea-Room’.
La façade de l’hôtel a été blanchie et la terrasse du tea-room couverte, formant une nouvelle terrasse pour les chambres du premier étage.
Au milieu du XXe siècle, la société Recherche et Industrie Thérapeutiques (R.I.T.) s’y installe et trouve sa vocation dans la recherche et la production de vaccins. Elle devient SmithKline-RIT en 1969, SmithKline Beecham Biologicals en 1989, GlaxoWelcome en 2000, puis GlaxoSmithKline (GSK).
DE SOPROLAC À R.I.S.T, À R.I.T., À GSK
vers 1955 | « Bureaux et nouvelle Usine où est fabriqué la Pennicilline » (sic)1, sis rue du Tilleul à Genval
En 1939, la société SOPROLAC (Société des Produits Lactés) est créée à la rue des Combattants à Genval. En 1945, les premières recherches sur les antibiotiques sont réalisées dans des locaux des Papeteries de Genval. L’usine antibiotique R.I.S.T. (Recherche et Industrie de Synthèses Thérapeutiques) est fondée par Jacques Lannoye le 28 juin à la rue des Combattants à Genval. En 1947, débute la production de différents antibiotiques par fermentation et par synthèse : pénicilline, streptomycine, auréomycine, tétracycline2.
En 1951, l’usine antibiotique est transférée à la rue du Tilleul à Genval, en partie dans les bâtiments de l’ancien Grand Hôtel des Familles. R.I.S.T devient R.I.T. (Recherche et Industrie Thérapeutiques)3.
Elle a été pionnière dans la production des antibiotiques avant de trouver, dans les années 50, sa vocation dans la recherche et la production de vaccins, dont celui contre la polio. Cette voie-là, elle l’a suivie tout au long de sa croissance, au fil des acquisitions et fusions qui ont successivement fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Elle devint SmithKline-RIT en 1969.
En 1989, SmithKline (US) fusionne Beecham Biologicals (UK). Et en 2000, SmithKline Beecham Biologicals fusionne avec GlaxoWelcome pour former la société actuelle, GlaxoSmithKline Biologicals (GSK).
L’éditeur de cette photo écrit erronément ‘fabriqué’ sans e, et ‘pennicilline’ au lieu de ‘pénicilline’. Et Liliane Brion de préciser : C’est le vaccin antipolio qui fut développé à Genval, et non la pénicilline. Quant à Roger Goossens, il reconnaît sur la photo une Studebaker, une Renault 4cv et une Chevrolet Bel-Air. ↩︎
Les Charmettes, rue du Tilleul 50 à Genval (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
Construite au début du XXe siècle, cette belle villa et ses dépendances furent rachetées par la commune de Genval (avant 1977) pour servir de maison de quartier. En 2002, elle accueilla « la Croix-Rouge, la consultation ONE, école des devoirs ‘La Chouette’, une plaine de jeux, des réceptions familiales (…). Les lieux servent de promenade dans un cadre de verdure ou l’on recense des arbres remarquables, dont une allée de marronniers« 1.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les WAAFs faisaient partie de la Women’s Auxiliary Air Force (WAAF), une force féminine auxiliaire de la Royal Air Force.
vers 1945 | Les WAAF’s posent devant Les Charmettes (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
« Les WAAFs ne participaient pas aux combats, bien qu’elles fussent exposées aux mêmes dangers que n’importe quels civils travaillant sur les bases militaires. Elles furent actives dans le pliage de parachutes et comme équipières de ballons de barrage, en plus de remplir des postes d’intendance, de météorologie, de radar, de transport, de téléphonie et de télégraphe. Elles décryptèrent des codes et des chiffres, analysèrent des photos de reconnaissance et remplirent des missions de renseignements. Les WAAFs jouèrent un rôle essentiel dans le contrôle sol-air, aussi bien dans les stations radars que dans les salles d’opérations, en tant que traceuses. Les WAAFs étaient payées deux-tiers du salaire de leur équivalent masculin« 2.
WAAF 455709 Sgt Dalma Flanders, née Darnley Taylor, témoigne : « On arrival in Antwerp we were met by Air Force open trucks, and the local people we passed threw flowers at us and cheered and clapped their hands, they appeared to be pleased to see us there to help them. We arrived at a little village called Genval late in the afternoon and were allotted billets in various houses which had been placed at our disposal — we had double bunks there too, with four of us to a room. At 2a.m. we heard a bomb drop on the village — it seemed as if the Germans knew we had arrived. We heard later that it was a rogue bomb dropped by a fleeing German pilot anxious to cross the border. As the Germans were getting further and further away to the east, we had very little to do, and life became a holiday for us for a short while. We made full use of the large lake in the village. Because we were all in uniform, all transport was free for us, and after VE Day (8th May, 1945) we were all given a 48-hour pass to go anywhere we wanted ».
Des années durant, la maison de quartier Les Charmettes accueilla les donneurs de sang. A cette époque, une cinquantaine de donneurs se présentèrent à chaque collecte. Aujourd’hui, la collecte de sang n’existe plus aux Charmettes … elle fut transférée à la Maison communale de Rixensart3.
Art mural réalisé aux Charmettes en juillet et août 81 par un collectif d’enfants et de jeunes de la région, en collaboration avec les peintres Xavier Crols, Paul Gobert et Peter Schuppisser (membres du Collectif d’Art public)4.
Il y a des murs de la honte, des murs de la peur, des murs de l’enfermement, des murs du chagrin. Mais il y en a d’autres, écrivit Françoise Humblet en 19815. Il y avait une fois, à Genval, un parc communal plus ou moins ensauvagé; dans ce parc communal, il y avait une maison qui sous des formes diverses, accueillait des jeunes. Cette maison avait, à front de rue, une façade décrépie et en partie aveugle. Si on faisait une peinture murale? L’idée a germé dans le cerveau fécond de la Fondation Jacquemotte, mouvement d’Education permanente et populaire. Les tractations ont duré une année! La commune de Rixensart a prêté les locaux, donné des fonds pour remettre le mur en état, le ministère de la Communauté française a fourni trois animateurs, jeunes peintres enthousiastes, qui avaient déjà travaillé avec Roger Somville. Des volontaires sont allés dans les écoles expliquer le projet prévu pour le mois de juillet.
Deux cent mètres carrés de peinture murale à Genval, titre Le Drapeau Rouge le 5 août 1981. Thème ? ‘L’enfant et ses vacances’. Et Philippe Pierre du Soir d’embrayer : Si les peintres respectent scrupuleusement les dessins des jeunes6 – telle cette moto aux roues carrées, il leur appartient cependant de choisir leur emplacement et les couleurs. Le premier mur se termine et offre aux passants un spectacle varié, fait de baigneurs, de danseuses, d’animaux (chien, cheval, …), d’engins (moto, roller-skate …) et d’un coin de la maison des ‘Charmettes’. Pour le second mur, le thème retenu est le football.
Quant au résultat ? se demande Le Drapeau Rouge. Il n’est pas fait pour être raconté, mais pour être vu (…) au 50, rue du Tilleul. Et André Jacques du journal Vers l’Avenir7 d’y ajouter à propos de cet art pictural : Puisse-t-il maintenant passer dans le quartier afin de donner à cet ensemble architecturale sa vraie vocation de maison de quartier et de rencontre ?
Ce bâtiment abrita jusqu’en 2015 la maison de jeunes ‘Le Cerceau’. Déclaré insalubre, les autorités communales décidèrent de raser le bâtiment. Les peintures murales ne purent être sauvegardées.
Le sentier du Pèlerin relie le haut de la rue de Froidmont à la rue des Bleuets. Jusqu’en 1964, il longea la ligne vicinale Wawa et la ligne de chemin de fer 161. Suite au chantier du RER, il est coulé dans le béton et grillagé.
Là où les rue des Déportés et avenue Gevaert débouchent sur la place communale de Genval, est construite la première chapelle Saint-Roch à la suite de l’épidémie de choléra de 1866. Un premier aménagement du carrefour a raison de la chapelle. Elle est remplacée par une construction plus petite bâtie sur le talus, appelé le Try du Chesnoy.
PREMIÈRE CHAPELLE SAINT-ROCH
début XXe siècle | Première chapelle Saint-Roch, à gauche l’actuelle rue des Déportés et l’ancienne ferme Bombaerts (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart) 1902/1905 | Chapelle Saint-Roch (coll. Serge Watté et Cercle d’Histoire de Rixensart)
Ces photos datent du début du XXe siècle et montrent l’extrémité N-O de la Place communale de Genval, là où la rue des Déportés et l’avenue Gevaert débouchent sur la place et où leur jonction est marquée par la chapelle Saint Roch. On reconnaît, sur la gauche de la photo, le bâtiment qui abrita à l’époque la maison communale de Genval ; sa construction datait de 18691. Selon le Cercle d’Histoire de Rixensart, il appert que l’administration communale occupait l’étage, le rez-de-chaussée étant réservé aux logements de fonction des instituteurs dont l’école se situait à l’arrière2.
Quant à l’emplacement de la future maison communale de 1913 (à droite sur la photo), il est occupé par une maison particulière. La chapelle initiale est une bâtisse assez conséquente, encastrée dans le talus, et permettait un accès interne par une double porte sommée de la mention « St Roch P.P.N. ». Construite à la suite de l’épidémie de choléra de 1866, elle existait encore au début de ce siècle mais la date exacte de sa démolition ne nous est pas encore connue. Cette destruction est évidemment due à un premier aménagement du carrefour.
SECONDE CHAPELLE SAINT-ROCH
début XXe siècle/1923 | Deuxième chapelle Saint-Roch (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart).
La première chapelle fut remplacée par une construction plus petite bâtie sur le talus à l’emplacement approximatif d’une actuelle armoire métallique, à côté du poteau. Elle disparut à son tour dans les années 50 pour être remplacée par celle que nous connaissons actuellement. A droite de la borne-fontaine, l’emplacement de la future maison communale de Genval a été dégagé … les travaux vont débuter3.
Cette troisième chapelle du nom remplace celle qui se trouvait à l’emplacement de l’armoire électrique près du poteau sur le talus4. Plantée à l’intersection de voiries primitives de Genval, la chapelle Saint-Roch attire l’attention par sa position, mais aussi par sa structure solide et l’élégance de sa niche5. Elle est adossée au talus appelé Try du Chesnoy(s).
La première école – maison communale de Genval, « celle de 1838, se situait au sommet de la Place communale, presque à l’angle de la rue JB Stouffs actuelle », écrit Roger Ghyssens (cf. 2). « Cette école accueillera les enfants de Genval pendant 30 ans jusqu’au jour où le nombre d’élèves (113 garçons – 80 filles en août 1867) ainsi que les besoins du Conseil communal, rendent indispensables de nouveaux locaux (…). En fait, les discussions commencent dès le début des années ’60’ (…), quand nos mandataires prennent ‘la respectueuse liberté de faire (au Gouverneur du Brabant) les observations suivantes‘. A savoir qu’une salle de classe apte à recevoir 80 élèves est fréquentée par 150 au moins et ‘les élèves des deux sexes sont tellement entre mêlés que cela pourrait devenir immoral‘. « En janvier 1867, la commune de Genval se dit bien décidée à commencer les travaux en cours d’année », poursuit Roger Ghyssens. « En avril 1869, il est question de PV d’adjudication, et en juin, de vente de l’ancienne école sur base d’une estimation de l’architecte Coulon qui est par ailleurs auteur des plans de la nouvelle ‘en voie d’exécution‘. En août 1869 l’école est à hauteur d’étage. En septembre elle est sous toit et c’est le millésime de cette année 1869 que portent aujourd’hui (n.d.l.r. en 1997) les bâtiments encore école, mais aussi crèche et bureau de poste ». ↩︎
GHYSSENS Roger, Les écoles communales de Genval, in Chroniques du Cercle d’Histoire de Rixensart, n° 32 du 4e trimestre 1997, p. 20 ↩︎
CERCLE D’HISTOIRE DE RIXENSART, Aux environs de « Saint-Roch », in Rixensart Info 165 de janvier 1997, p. 22 ↩︎
GHYSSENS Roger, La Place communale de Genval du 18e au 20e siècle, in Chroniques du CHR n° 36 de septembre 2008 ↩︎
HOMMES ET PATRIMOINE, De potales en chapelles. Au gré des chemins de Genval, Rixensart et Rosières, Amélie Mélo Editeur, Collection Mémoire, 2000 ↩︎
septembre 1930 | Grand Cortège Patriotique, avenue de Merode à Rixensart, à l’occasion du Centenaire de la Révolution brabançonne (coll. Paul Gilson)
Ce groupe équestre représente l’épopée napoléonienne. Il est constitué de Napoléon, joué par Mlle Gaby Libouton, et des officiers de l’époque, joués par Jeanne Mélotte, Rose Wéry, Irène Schepens, Alice Acreman et Renée Huls.
Histoire des Journées de Septembre > voir § en fin de notice.
septembre 1930 | Avenue de Merode à Rixensart,
à l’occasion du Centenaire de la Révolution brabançonne, coll. Paul Gilson
Ce char, prêté par Mr. Nicodème, représente ‘La révolution de 1830. La Barricade’. Marraine : Madame Versé.
septembre 1930 | Avenue de Merode à Rixensart, à l’occasion du Centenaire de la Révolution brabançonne (coll. Paul Gilson)
Un mariage en 1830, organisé par les jeunes filles de Rixensart (Marraine du tableau : Madame Veuve Herpigny). Le marié : Mr Roger Mayné. La mariée : Mlle Marthe Robbe. Les suivants : Mrs Herman Dupuis, Gaston André, Marcel André, Alexandre Spreutels, Léon De Becker, Albert Dupuis, Fernand Durieux, Edmond Linchamps, Albert Wéry, Henri Wéry, Adelin Debroux, Jean Mayné. Les suivantes : Mlles Yvonne Mayné, Juliette Mayné, Louise De Becker, Fernande Hérinne, Marie Rausens, Marguerite Lambert, Martha Debroux, Germaine Fievez, Elise Socquet, Lucienne Vivenoy, Madeleine Mayné, Jeanne Kuyl. Les deux pages : Mlles Marie-Thérèse Kuyl et Simone Debroux.
septembre 1930 | Avenue de Merode à Rixensart, à l’occasion du Centenaire de la Révolution brabançonne (coll. Roger Mélotte)
Ce char, organisé par le Cercle dramatique L’Effort, représente une tranchée de la Grande Guerre. Il est suivi par la banderole ‘L’Union fait la force – Eendracht maakt macht’. Observez à gauche le panneau vicinal placé à l’endroit où débouchait le tram, signale Jean-Claude Renier, vice-président du Club Ferroviaire de Rixensart.
Un peu d’histoire
Durant les premières années de son indépendance, la Belgique rend officiellement hommage aux combattants des journées de septembre 1830. En 1831, pour le premier anniversaire, la place des Martyrs, à Bruxelles, est décorée avec soin. L’année suivante, Léopold Ier remet des drapeaux d’honneur aux députés des villes qui se sont le plus distinguées pendant la Révolution (27 septembre). Le pli est pris. Les Journées de Septembre deviennent des journées sacrées au cours desquelles la fête ne cesse d’amplifier. L’État apporte son soutien, en décrétant symboliquement le 24 septembre 1849 l’érection de la Colonne du Congrès, en posant la première pierre le 24 septembre 1850, et en inaugurant le monument achevé le 26 septembre 1859. En 1853, le duc de Brabant ne se maria-t-il pas durant les fêtes de septembre ? Jusqu’en 1880, la Belgique officielle cultive ainsi le culte des fondateurs de l’État. Mais le souci de ne pas froisser la Hollande commence à animer les esprits. Ainsi, le 12 août 1880, le ministre Rolin Jacquemyn dépose-t-il un projet de loi instituant les fêtes nationales le troisième dimanche du mois d’août et les deux jours suivants. Le Parlement adopte le rapport de la Commission non sans préciser que les deux jours ne sont pas des fériés légaux. Le décret du 19 juillet 1831 est ainsi supprimé. Mais les réactions seront vives et, dix ans plus tard, sur proposition du ministre Devolder, il est décidé que la fête nationale se déroulerait le 21 juillet (vote de la Chambre, 9 mai 1890)1.
La population, surtout celle de Wallonie, continua à célébrer les Journées de Septembre.
1912 | Ferme Stouffs (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart) Intérieur de ferme (coll. Jean-Claude Renier) 1932 | Huile de Pierre Thévenet, intitulée ‘La ferme blanche’ (coll. Philippe Jacquet) 1970 | Concours de photos noir et blanc organisé par le Syndicat d’Initiative de Rixensart sur le thème de la Vallée de la Lasne. Photo présentée par Daniel Besangez, rue de la Fontaine à Genval. Légende : ‘Menaces’. Un bonjour de Genval, édité par la Librairie ‘L’Entrée Livre’ à Genval (coll. Imelda De Thaey)
Appelée également ferme de Hernimaumont1, la ferme Stouffs est située route du Ry Beau Ry 20, à l’extrémité nord-est de la commune de Lasne.
Elle porte le nom d’une famille de notables genvalois, apparentée à celle des Degraives ou Acreman. Une véritable dynastie locale. Elle règne sur le village durant tout le XVIIIe et le XIXe siècle et est alliée à tout ce qui fut important dans la commune2.
L’ancien bâtiment abritant les vaches des Stouffs s’est effondré (voir photo ci-dessus de septembre 2016). Dix ans plus tard, le corps de logis disparaît à son tour (voir observations de Chantal Michel en 2022 et 2026).
1930 | Garage Armand Gilles, avenue des Combattants1 à l’angle de la rue Auguste Lannoye (Genval) (coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
Sous les fenêtres du premier étage on distingue clairement l’enseigne peinte ‘GARAGE ARMAND GILLES’. Le pignon supérieur arbore une immense réclame peinte pour les ‘PNEUS DUNLOP’2, très visible du haut de l’avenue des Combattants.
Au-dessus de la porte de l’atelier, on aperçoit une plaque émaillée publicitaire pour le carburant MOTOGAZOLINE, une ancienne marque belge de carburant et de produits pétroliers, créée en 1908 et exploitée par la ‘Belgian Benzine Cy – Bruxelles’.
Sur la petite porte à droite, une publicité montre la silhouette d’un personnage tenant un bidon d’essence portant le sigle ‘BP’. La ‘Benzine Parfaite’ fut distribuée par la société L’Alliance Anvers3.
Quant à l’inscription peinte en bas à droite, – sur le mur latéral de l’atelier, elle fait référence au mot ‘BANDAGES’ ou ‘BANDAGES PLEINS’. À la fin du XIXe siècle et première moitié du XXe siècle, ce mot ne désignait pas un pansement médical, mais le revêtement en caoutchouc – souvent plein, c’est-à-dire sans chambre à air, que l’on fixait autour des roues métalliques ou en bois des charrettes, des camions, des omnibus et des toutes premières automobiles4.
Le véhicule qui sort de l’atelier n’est pas muni de ces ‘bandages’ au sens historique de bandages pleins, mais équipé de roues à rayons pleins (type artillerie), sur lesquelles sont montés des pneumatiques gonflables (pneus à air comprimé), bien que le terme « bandage pneumatique » ait parfois été utilisé aux débuts de l’automobile pour désigner l’enveloppe du pneu, l’épaisseur, la forme bombée (cf. Portail lexical)5.
En 2011, Francis Broche a retrouvé Anne-Marie Gilles, habitante de l’avenue des Combattants. Elle raconte :
« C’est le garage de mon papa ! La dame qui se tient devant la maison est ma grand-mère ; parmi les hommes, il y en a un plus petit et rondouillet, c’est mon grand-père. Il était un excellent mécanicien (avant les automobiles, je pense que le garage réparait les chariots). Pendant la guerre, les Allemands apportaient leurs véhicules à réparer chez lui. Il a longtemps vendu et entretenu des VW ».
« La dame qui porte l’enfant dans ses bras … c’est la nounou de mon papa et donc l’enfant, c’est mon papa’. Quand mon père a repris le garage, il a fait construire une ajoute. Il en a fait une salle d’exposition dans laquelle il exposait deux voitures. Comme il avait un ouvrier, il y avait également une pièce servant de réfectoire, un wc et un magasin de pièces détachées. Ma sœur Christiane, mon frère Michel et moi devions la nettoyer toutes les 6 semaines (Michel s’occupait des vitrines et nous du reste). Papa a été représentant VW indépendant et représentant Datsun, puis Peugeot ».
Avec l’essor de l’automobile, la marque DUNLOP s’adapte très vite. Dès 1906, les pneus Dunlop équipent les voitures du tout premier Grand Prix de France. La firme devient indissociable du sport mécanique, s’illustrant notamment aux 24 Heures du Mans, où la célèbre passerelle Dunlop est érigée dès le milieu des années 1920. ↩︎
Vlaanderen, Agentschap Onroerend erfgoed, Reclameschildering BP Motor Spirit – L’Alliance Anvers) ↩︎
GEORGE Pierre, L’industrie française du caoutchouc, in L’Information géographique, pp. 195-203, 1939 ↩︎
Des bandages caoutchoutés pleins équipèrent les roues des premiers cycles et automobiles jusqu’à l’invention, à la fin du XIXe, du bandage pneumatique, dit ‘pneu’ (Wikipedia). ↩︎