
1930 | Garage Armand Gilles, avenue des Combattants1
à l’angle de la rue Auguste Lannoye (Genval)
(coll. Cercle d’Histoire de Rixensart)
Sous les fenêtres du premier étage on distingue clairement l’enseigne peinte ‘GARAGE ARMAND GILLES’. Le pignon supérieur arbore une immense réclame peinte pour les ‘PNEUS DUNLOP’2, très visible du haut de l’avenue des Combattants.
Au-dessus de la porte de l’atelier, on aperçoit une plaque émaillée publicitaire pour le carburant MOTOGAZOLINE, une ancienne marque belge de carburant et de produits pétroliers, créée en 1908 et exploitée par la ‘Belgian Benzine Cy – Bruxelles’.
Sur la petite porte à droite, une publicité montre la silhouette d’un personnage tenant un bidon d’essence portant le sigle ‘BP’. La ‘Benzine Parfaite’ fut distribuée par la société L’Alliance Anvers3.
Quant à l’inscription peinte en bas à droite, – sur le mur latéral de l’atelier, elle fait référence au mot ‘BANDAGES’ ou ‘BANDAGES PLEINS’. À la fin du XIXe siècle et première moitié du XXe siècle, ce mot ne désignait pas un pansement médical, mais le revêtement en caoutchouc – souvent plein, c’est-à-dire sans chambre à air, que l’on fixait autour des roues métalliques ou en bois des charrettes, des camions, des omnibus et des toutes premières automobiles4.
Le véhicule qui sort de l’atelier n’est pas muni de ces ‘bandages’ au sens historique de bandages pleins, mais équipé de roues à rayons pleins (type artillerie), sur lesquelles sont montés des pneumatiques gonflables (pneus à air comprimé), bien que le terme « bandage pneumatique » ait parfois été utilisé aux débuts de l’automobile pour désigner l’enveloppe du pneu, l’épaisseur, la forme bombée (cf. Portail lexical)5.
En 2011, Francis Broche a retrouvé Anne-Marie Gilles, habitante de l’avenue des Combattants. Elle raconte :
« C’est le garage de mon papa ! La dame qui se tient devant la maison est ma grand-mère ; parmi les hommes, il y en a un plus petit et rondouillet, c’est mon grand-père. Il était un excellent mécanicien (avant les automobiles, je pense que le garage réparait les chariots). Pendant la guerre, les Allemands apportaient leurs véhicules à réparer chez lui. Il a longtemps vendu et entretenu des VW ».
« La dame qui porte l’enfant dans ses bras … c’est la nounou de mon papa et donc l’enfant, c’est mon papa’. Quand mon père a repris le garage, il a fait construire une ajoute. Il en a fait une salle d’exposition dans laquelle il exposait deux voitures. Comme il avait un ouvrier, il y avait également une pièce servant de réfectoire, un wc et un magasin de pièces détachées. Ma sœur Christiane, mon frère Michel et moi devions la nettoyer toutes les 6 semaines (Michel s’occupait des vitrines et nous du reste). Papa a été représentant VW indépendant et représentant Datsun, puis Peugeot ».
- situé à l’époque au n° 158 ↩︎
- Avec l’essor de l’automobile, la marque DUNLOP s’adapte très vite. Dès 1906, les pneus Dunlop équipent les voitures du tout premier Grand Prix de France. La firme devient indissociable du sport mécanique, s’illustrant notamment aux 24 Heures du Mans, où la célèbre passerelle Dunlop est érigée dès le milieu des années 1920. ↩︎
- Vlaanderen, Agentschap Onroerend erfgoed, Reclameschildering BP Motor Spirit – L’Alliance Anvers) ↩︎
- GEORGE Pierre, L’industrie française du caoutchouc, in L’Information géographique, pp. 195-203, 1939 ↩︎
- Des bandages caoutchoutés pleins équipèrent les roues des premiers cycles et automobiles jusqu’à l’invention, à la fin du XIXe, du bandage pneumatique, dit ‘pneu’ (Wikipedia). ↩︎












































